“ La communication et les télécommunications ” au Mois de la science 2008
Ateliers, animations, conférences, portes ouvertes…

En 1985, plusieurs institutions brestoises décident, sous l’impulsion de l’Association Bretonne pour la Recherche Et la Technologie (ABRET), de créer un événement de culture scientifique et technique. Cet événement, c’est le Mois de la Science, une manifestation unique en son genre qui propose de faire découvrir la science à tous, et ceci partout dans la ville : des expositions, des conférences, des animations, des films... autour de thèmes tels que la mer, la terre, la communication, l’espace, les matériaux, l’image, les déchets, le feu, l’alimentation, la médecine, les transports, la ville...
Le Mois de la Science, c’est faire connaître la science et la technique et les mettre à la portée de tous aux quatre coins de la ville et de la Région. Le Mois de la Science s’attache à promouvoir la culture scientifique et technique au cœur des quartiers, en s’appuyant sur le potentiel des chercheurs bretons dans toutes les disciplines. Le Mois de la Science veut aussi démystifier la science aux yeux de tous, jeunes et adultes, en donnant à tous la possibilité de pratiquer et de découvrir différents aspects d’un même thème.
Le collectif du Mois de la Science 2008 a choisi d’aborder, cette année, le thème de “ La communication et les télécommunications ”. Son actualité et la richesse de ses sujets nous permettront de traiter un grand nombre de thématiques à travers nos médias habituels : ateliers, animations, conférences, portes ouvertes… « Internet demain... », « Histoire des télécoms », « Langage humain », « Communication animale »...
De nombreuses questions auxquelles nos animateurs, chercheurs et professionnels essaieront de répondre. Une édition 2008 qui ne nous donnera pas de recettes toutes faites mais qui posera les problèmes et y réfléchira de la manière la plus objective qui soit.
Communication,...
Le mot communication, dont l’usage était jusque là relativement restreint, connaît une réelle fortune dans la deuxième moitié du XXème siècle. Dans l’Antiquité, le terme indique le moment précis où le public pose des questions et dialogue avec l’orateur. A partir de la Renaissance, il désigne aussi, par métonymie, la “ chose communiquée”. En 1948, le mathématicien Norbert Wiener, dans une optique néocomportementaliste, crée une science générale de la communication sous le nom de cybernétique. Le mot communication désigne aujourd’hui des ordres de réalité assez hétérogènes.
On l’emploie aussi bien pour nommer tout ce qui relève de l’expression et qui est en rapport avec l’esthétique du récit, tout ce qui relève de l’argumentation et de la défense des opinions dans l’espace public et tout ce qui relève de l’information -qu’il s’agisse de l’information médiatique (du moins celle qui a une prétention d’objectivité) ou de l’information numérique, issue de la théorie mathématique de l’information. Ces trois genres de la communication (expression, argumentation, information) sont aujourd’hui l’objet de théorisations spécifiques, que tentent de regrouper, et parfois de synthétiser, les toutes jeunes sciences de l’information et de la communication.
Les théories de la communication ont en commun de mettre en jeu un émetteur, un récepteur, un canal et un message. Comme l’avait bien remarqué Roland Barthes, ce schéma communicationnel était déjà présent dans la Rhétorique d’Aristote et dans la partition entre l’ethos, le logos et le pathos. La théorie mathématique de la communication, appelée souvent théorie de l’information, est née au milieu du XXème siècle, au sein du monde des ingénieurs américains travaillant, notamment, dans le domaine de la téléphonie. Elle rend compte des conditions de transport, de codage et de dégradation du signal. Claude Shannon (1916-2001) imagine des procédures de codages logiques qui permettent a un dispositif récepteur de reconstituer avec exactitude le message que l’émetteur lui a fait parvenir le long d’une voie de communication (une ligne de téléphone, par exemple). Le codage permet non seulement d’accroître le nombre de messages par ligne mais également de les protéger contre les dégradations du signal physique, appelées “bruits”. Ces procédures seront largement utilisées, en téléphonie, mais aussi en informatique où l’exactitude totale des données est la condition sine qua non du bon fonctionnement des ordinateurs.
La théorie de l’information propose une mesure de l’information en termes mathématiques, mais ne s’intéresse absolument pas à la signification des messages transmis, qui reste du domaine de l’interprétation humaine. Le schéma de Shannon a servi, au titre de métaphore, à mieux comprendre un certain nombre de phénomènes biologiques. Importé dans la psychologie sociale et les sciences de la communication, via la cybernétique, il permet de mieux comprendre les aspects strictement informationnels de la communication.
Philippe BRETON, sociologue, CNRS, Strasbourg (Dictionnaire Culturel des Sciences – Ed. Seuil Regard)
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