Les candidat-e-s d’Europe Ecologie Bretagne se présentent : Christian Guyonvarc’h
Aujourd’hui, Christian Guyonvarc’h, UDB, 2ème sur la liste EEB du Morbihan
Brest-ouvert commence une présentation des têtes de liste départementales d’Europe Ecologie Bretagne. Merci aux candidat-e-s d’avoir bien voulu répondre à quelques questions.
Aujourd’hui, Christian Guyonvarc’h, de l’UDB, 2ème sur la liste départementale du Morbihan, se livre au petit jeu de l’interview.

Brest-ouVert : Christian Guyonvarc’h : tu es Conseiller régional sortant , aujourd’hui tu te présentes dans le cadre de la liste de rassemblement Europe Ecologie Bretagne, est- ce une motivation supplémentaire pour poursuivre ton action au sein du conseil régional ?
Europe Ecologie Bretagne est porteuse d’un projet politique cohérent pour réduire l’empreinte écologique de la Bretagne et des Bretons, accélérer l’émergence des nouveaux métiers écocompatibles, combattre les inégalités sociales que le libéralisme économique et la politique du pouvoir en place accentuent et faire de la Bretagne réunifiée une région d’Europe toujours plus créative et ouverte aux autres cultures du monde. Ces objectifs-là n’ont une chance d’être atteints que si la Région met en oeuvre une politique authentiquement écologiste avec les moyens institutionnels et budgétaires que confère l’autonomie politique. C’est ce que propose Europe Ecologie Bretagne et c’est ce qui fait son originalité.
B.O. : Penses tu que la Bretagne peut devenir demain une région modèle dans ce domaine de la diversité linguistique et culturelle, dans la reconnaissance du fait régional ? Comment y arriver ?
La Bretagne peut être sinon un modèle du moins une référence en ceci que les Bretons ont su développer une capacité à additionner les identités (bretonne, française, européenne, mondiale) plutôt que les opposer. La diversité des rencontres interculturelles comme le dynamisme des associations de solidarité internationale en témoignent. Dans un monde souvent conflictuel, une identité multiple est une chance inestimable. Mais cette alchimie complexe est fragile. On est d’autant plus ouverts aux autres qu’on peut s’appuyer sur une identité vivante qui vous a structuré ; c’est la condition d’un véritable échange. Il faut donc que la Bretagne gagne son autonomie sur le plan culturel, linguistique et éducatif, avec le pouvoir de décider au pays, à l’image du Pays de Galles par exemple. Il n’est pas admissible que le budget culturel de la Région soit à peine supérieur à celui de la DRAC de la Région Bretagne qui, elle-même, ne gère que 1% du budget du ministère français de la culture (pour 5% de la population française). Comme il n’est plus acceptable que la décision d’ouvrir une classe bilingue ou de former de nouveaux enseignants de breton ne soit pas du ressort de la Région mais d’un recteur d’académie qui changera dans deux ans ou d’un inspecteur d’académie anonyme. Cette politique qui nous infantilise, digne du 19ème siècle, n’a plus sa place au 21ème.
La seule façon pour la Bretagne d’accéder au rang d’une région d’Europe à part entière, c’est qu’un projet pour l’autonomie régionale soit proposé aux Bretons - c’est ce à quoi Europe Ecologie Bretagne s’emploie - et que les Bretons lui accordent leurs suffrages.
B.O. : Comment souhaiterais tu agir au sein du futur conseil régional ?
Je suis un candidat "finistérien" un peu atypique puisque, natif d’Hennebont, élu de Lorient durant 9 ans jusqu’en octobre 2004, j’avais conduit la liste "Bretagne verte, unie et solidaire" dans le Morbihan en mars 2004, avant que le choix du coeur me conduise à m’installer à Guipavas en 2005 où j’ai fondé une famille. Aujourd’hui je retrouve le Morbihan comme candidat n°2 de la liste Europe Ecologie Bretagne. Mais finalement ce rôle de candidat nomade me va bien car je considère que chaque élu régional doit porter les intérêts de la Bretagne tout entière et non pas ceux de tel ou tel secteur géographique comme le font les conseillers généraux dans un département. Je suis un régionaliste, au sens européen du terme, pas un "localiste". C’est de l’avenir de la Bretagne dont il s’agit.
Depuis 2004 je me suis complètement investi dans l’ouverture européenne et internationale de la Bretagne, avec 2 priorités : mettre les acteurs bretons en réseau et favoriser une approche durable et solidaire de l’internationalisation. Cela s’est notamment traduit par la création d’une plateforme permanente des acteurs bretons de la solidarité internationale (ABCIS et son site internet), de nouvelles thématiques de coopération comme l’agriculture bio et durable ou l’écotourisme, une ouverture sur le Sud (coopérations décentralisées avec Madagascar) et des partenariats innovants avec l’ONU dans les domaines de la lutte contre le changement climatique et de l’agriculture paysanne.
En 2010, je souhaite passer la main dans le secteur international afin que de nouvelle idées émergent. Au sein du futur Conseil régional je voudrais m’investir dans deux domaines qui seront de plus en plus interdépendants : l’aménagement du territoire, ou plutôt ce qu’il conviendrait d’appeler le "ménagement durable" des territoires, et le plan climat-énergie territorial. Pour avoir beaucoup travaillé à l’implantation du centre expert de l’ONU ClimSAT en Bretagne, en l’occurence à Brest, je suis motivé pour traduire son action sur le territoire breton, en liaison avec les autres collectivités bretonnes. La réduction de l’empreinte carbone de la Bretagne est un objectif enthousiasmant où l’on retrouve une dimension de solidarité internationale puisque les principales victimes du réchauffement global sont les pays les plus pauvres. Agir sur un territoire pour le bien commun de l’humanité, c’est un défi très motivant.
B.O. : Et la Bretagne de demain, tu l’imagines comment ?
Réunifiée bien sûr (il faut régler la question de la réunification administrative de la Bretagne par la voie démocratique comme la Constitution française le permet depuis 2003) et inspiratrice d’une VIème république qui fera de la France non plus cet Etat quasi monarchique mais un pays fédéral où un Sénat des Régions garantira à la fois l’autonomie des collectivités et la solidarité financière entre les territoires. Une Bretagne où l’armature urbaine, faite de villes petites et moyennes, aura été préservée face aux projets de détricotage des territoires du pouvoir central, ce qui permettra de réduire l’impact écologique des transports en garantissant des emplois et des services de proximité.
Une Bretagne où l’agriculture aura retrouvé un ancrage dans les terroirs, développé les labels de qualité, bénéficié de la montée en puissance des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, bois issu de l’entretien du bocage) et, ce faisant, permis à l’agriculture bretonne de quitter sa place d’avant-dernière région de France pour la valeur ajoutée par actif. Une Bretagne où la place de la pêche et des culture marines aura été rétablie grâce à une politique de préservation de la ressource et de synergie avec les infrastructures de production d’énergie marine (éoliennes off-shore, hydroliennes) qui auront trouvé une seconde fonction de nurseries au service d’une pêche et d’une aquaculture durables. Une Bretagne où les nouveaux métiers éco-compatibles auront été developpés de telle façon que les jeunes arrivant sur le marché du travail trouveront un emploi correspondant à leurs qualifications. Une Bretagne où la culture sera à la fois originale, diverse dans ses expressions, populaire et ouverte sur le monde. Je crois que c’est cette Bretagne-là dont beaucoup de Bretons, en particulier les plus jeunes, rêvent aujourd’hui.
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