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Usine à lisier à Lannilis : Véolia renonce...enfin !

jeudi 29 décembre 2005

Après la décision en décembre 2004 du tribunal administratif de Rennes qui annulait le permis de construire (sur la requête d’une association locale), confirmée en appel en juin 2005 par le tribunal de Nantes, un deuxième projet d’usine sur le même site était apparu, il est aujourd’hui avorté à son tour.

GCI (Green Capital Investissement) "société écran" de Véolia (ex Générale des Eaux), constructeur et exploitant de l’usine prévue (110.000 tonnes de matières organiques méthanisées par an, lisier de 57 élevages,déchets gras d’industries agroalimentaires, boues de stations d’épuration), juge aujourd’hui les conditions techniques et économiques non viables, ne permettant pas de rentabiliser l’investissement de 20 M€.

C’est le deuxième échec pour le projet de traitement collectif de lisier à Lannilis.

Le premier dossier était porté par LSE (Lannilis Services Environnement), aujourd’hui liquidée, le 19 juillet 2005,, avec un passif non négligeable (3 millions d’euros).

Pour l’Etat et el conseil général du Finistère qui s’étaient mobilisés pour ce projet, c’est un grave revers : le 1er décembre 2004, le préfet de l’époque était venu, sur le site même, déposé la première pierre.

Forum
19 avril 2006 Usine à lisier à Lannilis : Véolia renonce...enfin !

Bonjour,

Nous sommes un groupe de 4 étudiants de l’Agro de Rennes travaillant sur les projets de méthanisation du lisier en Bretagne. Nous aimerions vous rencontrer pour discuter de cette problématique. Cordialement,

GP

31 décembre 2005 Merci d’expliciter...

... Pourquoi c’est une bonne nouvelle...

En effet, loin de la Bretagne et donc de l’historique du dossier, on a tendance à se dire : "Mais oui mais ces 110.000 tonnes annuelles de lisier qui ne seront pas méthanisées, elles deviennent quoi ?"


Site: LucB’s blogs
31 décembre 2005 Merci d’expliciter...

La méthanisation est un bon procédé de traitement des déchets, ménagers en particulier.

Le traitement industriel du lisier renvoie lui à l’industialisation de l’agriculture, plus particulièrement de l’élevage en Bretagne, région totalement saturée d’excréments animaux (porcs, bovins, volailles...). Une grande partie des cours d’eau sont durablement pollués, idem pour les nappes phréatiques.

Dans ces conditions, les usines à lisier apparaissent comme une fuite en avant inacceptable pour les porotecteurs de l’environnement, car ces usines comme celles qui incinèrent ont besoin de "matière première" pour tenter de "rentabiliser" un tant soit peu le fonctionnement de l’usine.

Ces usines sont donc un vrai appel d’air pour produire toujours plus, c’est pour cela qu’elles sont combattues,avec succès d’ailleurs, car en dépit de plusieurs tentatives dans le Finistère (Milizac, Plabennec, Lannilis,) aucune installation d’envergure n’a été réalisée.

Pour les paysans, elles représentent une perte d’autonomie, car ils y perderaient toute maîtrise sur la gestion de leurs déjections animales, ils deviendraient vite dépendants de grands groupes avec leur propre logique économique.

Où est alors la solution ? Véritablement dans une nouvelle orientation de l’élevage en Bretagne : arrêter de produire en masse en grande partie d’ailleurs pour l’exportation, surtout produire mieux (labellisation, porcs sur paille...) transformer et valoriser sur place...

On peut admettre pour une période transitoire que les éleveurs s’équipent de systèmes individuels ou semi collectifs (GAEC ? c’est d’ailleurs ce qui va se passer pour traiter les milliers de tonnes de lisier qui ne seront pas traitées par "feu" l’usine de Lannilis.

Christian Bucher - Répondre à ce message
6 janvier 2006 Merci :-)

Merci pour cette réponse claire et précise, Christian.

(reprise sur l’excellent site Citron-Vert.info)

LucB*

27 janvier 2006 Merci d’expliciter...

Bonjour,

Passant un peu par hasard sur ce site afin d’y pêcher de l’information sur une "technologie" qui me semble intéressante (méthanisation du lisier), je suis surpris d’y lire une critique aussi virulente d’un projet de construction d’usine dédiée à ce principe !? Vous dites même, je vous cite : On peut admettre pour une période transitoire que les éleveurs s’équipent de systèmes individuels ou semi collectifs... Votre position me semble plus relever du principe politique (refus du risque de voir des agriculteurs "inféodés" à des groupes divers, que de la position constructive qui essaie de valoriser des solutions qui se justifient d’elles-mêmes, me semblent-t-il... Comme dans toute démarche nouvelle, il convient de faire le maximum pour en maîtriser la mise en oeuvre, mais votre propos me semble plus rétrograde qu’autre chose, je suis navré de le dire. Il me fait penser aux déclarations dont le parti communiste nous abreuvé pendant des années au sujet du grand capital, avant d’entrer dans la léthargie qu’on lui connait.

Patrick BICHET (novice dans le domaine de la méthanisation du lisier)  :-)

Patrick BICHET - Répondre à ce message
27 janvier 2006 bien volontiers

Mon jugement sur les usines à lisier par méthanisation est aussi politique, c’est tout a fait logique et normal pour une personne qui, comme moi, est membre d’un parti politique "les Verts".

Ceci précisé, je crois que vous semblez ignorer dans quelle situation l’industrialisation de l’élevage a plongé la Bretagne.

Il y a 40 ans on buvait l’eau des fontaines très nombreuses en Bretagne, aujourd’hui plus personne n’ose le faire.

Une grande partie des cours d’eau sont durablement pollués, idem pour les nappes phréatiques. La Bretagne, est une région totalement saturée d’excréments animaux (porcs, bovins, volailles...).

Il faut comprendre cela pour comprendre la prise de position contre ce projet d’usine. Ce n’est pas la méthanisation, en tant que telle, qui reste un bon procédé de traitement des déchets, ménagers en particulier. C’est le traitement industriel du lisier, dernier avatar de l’industrialisation de l’agriculture, qui est inacceptable.

Ces usines sont donc un vrai appel d’air pour produire toujours plus, c’est pour cela qu’elles sont combattues,

On peut faire autrement : surtout produire mieux (labellisation, porcs sur paille, le liser étant alors valorisé sous forme de fumier) transformer et valoriser sur place...

Gardons la méthanisation pour traiter les déchets ménagers (fermenticibles) ou organiques (déchets d’abattoirs..) au passage le lisier (élément liquide) se prête mal à la méthanisation, d’ailleurs tous les projets (avortés) d’usines à liser par méthanisation prévoyaient d’incorporer déchets verts, déchets de l’agro-alimentaire.

Pour conclure, la méthanisation c’est non ! d’un point de vue environnemental, économique, technique et ... politique.

Christian Bucher - Répondre à ce message
12 mars 2006 bien volontiers
Bonjour Vous soulevez une question intéressante, avec votre image "d’appel d’air". Je vis dans un petit village suisse. Nous buvons ... encore, notre eau à diverses sources. Un agriculteur du village nous a présenté un projet de méthanisation qui soulève diverses questions de ma part (je vous en fais grâce) mais surtout sur le plan de la chaîne qui immanquablement va se créer : Par la taille de son usine (10 à 15 usines de ce type peuvent être imaginées à long terme dans le pays) Par le fait qu’il est question de déverser 50’000 litres d’eau (épurées ... d’é.coli, de virus ? ) dans un ruisseau du village Par le fait que le reste "solide" sera évidemment exporté (donc 0.5x les camions qui transporteront les déchets initiaux en plus). Il est question, au niveau quantité d’importation de déchets de 3 camions par jour (- les week-ends, cela fait 4 camions). Camions ? les agriculteurs de la régions vont-ils réellement affréter des "camions" ? Non, ce serait irrationnel (l’argent est toujours le raison principale, avant l’idée verte), ils viendront au jour le jour, avec leur tracteur et remorque. Mais tout ceci est encore un détail, car ce qui m’est absolument et totalement insupportable, c’est l’idée que l’on puisse imaginer que le feu vert donné, on amène, un jour, des déchets d’abattoirs, de boues d’épuration... qui finiront, on s’en doute aussi, en humus, engrais sur les champs, sur les nappes phréatiques... etc. Bref, je suis perplexe. Qu’en pensez-vous ? Pour info : je trie mes déchets pour des raisons écologiques depuis 20 ans. Je l’ai appris de ma grand-mère dont la commune helvétique, pratiquait cette politique il y a 40 ans déjà. Je ne suis pas juste une réac, égoïste, et demeurée. Je souhaite vraiment prendre une décision durable intelligente sur un plan local en pensant... global. Merci à tous vos avis.
3 mars 2008 Politique de l’autruche ?

Bonjour, je lis vos messages avec attention, en retenant en priorité les arguments environnementaux. La protection et la promotion de l’agriculture traditionnelle de petite production et de qualité est en effet une nécessité. Cependant, comme l’ont noté d’autres lecteurs, aujourd’hui en 2008 l’élevage en Bretagne est principalement développé sur une production intensive hors sol. Qu’il faille la faire évoluer, d’accord, mais il paraît avant tout urgent de limiter ses impacts dès aujourd’hui. Pour cela la méthanisation des lisiers est une solution adaptée à un problème PRESENT. Elle permet de réduire la masse des déchets, de produire un gaz combustible aisément valorisable sur place (chaleur pour les digesteurs et électricité) et de fournir une boue épurée se prêtant à la fabrication de compost après mélange avec des déchets verts (type paille ou branchages, restes de taille). Or quelle alternative est-il aujourd’hui proposé à l’usine de méthanisation pour le traitement (urgent) des tonnes de lisiers ? Les procédés semi collectifs ou individuels que vous évoquez succinctement se basent sur ce même principe de méthanisation, sont à la charge des agriculteurs qui n’ont en général pas le savoir faire environnemental et technologique pour les mettre au point et les exploiter correctement. Est-ce donc un crime dans ce cas de porter une cravate et apporter une solution dont la mise en place immédiate est possible ? La Bretagne subit déjà le choix de l’agriculture ultraproductiviste, refuser des solutions industrielles à la mesure de la pollution industrielle en attendant une nécessaire mais lointaine consultation n’est-ce pas appliquer la politique de l’autruche ? Se féliciter d’avoir stoppé la construction d’une usine de traitement des lisiers, c’est aussi en partie se féliciter de l’immobilisme d’une situation préjudiciable à tous.

Il me semble détecter dans cette opposition la collusion entre différents préjugés. l’Etat français est-il vraiment l’ennemi de la Bretagne ? Les ingénieurs sont-ils vraiment tous à la solde du grand capital ?

En Allemagne, des solutions de méthanisation à la ferme ont été développées pour le traitement des lisiers par méthanisation. Ce système permet de traiter la pollution organique tout en permettant d’économiser 5 millions de tonnes de pétrole par an en utilisant le biogaz produit à la place. Par ailleurs le parti des Verts d’Allemagne encourage ce genre d’initiative.

En refusant les solutions industrielles de traitement des lisiers pour combattre l’agriculture productiviste ne se trompe-t-on pas d’adversaire ?

Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net